Expérience

1OO STARTS UPS pour un nouveau départ au croisement de l’économie collaborative et de l’économie sociale et solidaire

06.07.2015

De nouveaux barbares issus du digital démocratisent l’accès aux services et aux biens mais à quel prix ?

Uberisation, économie des plateformes, économie à la demande, économie Peer to Peer…

De nombreux termes définissent les barbares comme Uber ou encore AirBnB, basés sur la désintermédiation. En effet, le numérique participe à faire tomber la séparation historique entre producteur et consommateur, entre le créateur et son public, et entre professionnels et amateurs.

La première question c’est « comment taxer cette nouvelle économie », certaines plateformes ne payent pas de taxes et d’impôts dans les pays dans lesquels elles sont utilisées.

Et la suivante c’est la « freelancisation » de la vie professionnelle voire une précarisation des individus en transformant du temps libre en temps de travail sous rémunéré, non protégé, à la demande, en dehors de tout système de régulation dit Marc-Arthur Gauthey (OuiShare).

 

Existe-il une nouvelle vague d’entrepreneurs du numérique capablent d’apporter un changement positif et durable ?

Les makers partent de l’idée que n’importe qui peut innover et changer le monde.

Etre un maker, c’est un état d’esprit. Chacun peut apporter des idées neuves et expérimenter. Ils essayent à la fois de trouver des solutions qui répondent mieux à leurs attentes…et à celles de leurs communautés.

A travers eux, une nouvelle façon d’agir, d’entreprendre et de consommer émerge, qui rejoint (et doit certainement le faire plus encore) la logique du partage et de l’accessibilité à tous de l’économie collaborative et inclusive.

 

La génération C communicante, créative, connectée…mais aussi capable

La génération C utilise au quotidien les technologies de l’information et Internet pour communiquer, collaborer, créer… et aussi pour acheter, s’informer, manger, travailler…
Il n’y a plus de sachants et d’amateurs, ce qui prime c’est le transfert de connaissance horizontal.

L’émergence du web participatif facilite la mise en réseau et encourage la transparence des échanges : cette logique imprègne peu à peu notre façon de penser, d’agir, de consommer mais aussi d’entreprendre (dépasser la logique de compétition), de militer et de manager.
La génération C apporte une grande importance au sens de ses actions.

 

L’économie collaborative, un nouveau système qui prend forme et inspire de nouvelles pratiques

L’économie collaborative est une activité humaine qui vise à produire de la valeur en commun et qui repose sur de nouvelles formes d’organisation du travail. Elle s’appuie sur une organisation plus horizontale que verticale, la mutualisation des biens, des espaces et des outils, l’organisation des citoyens en « réseau » ou en communautés et généralement l’intermédiation par des plateformes internet.

Les innovations de ces start-ups engendrent de nouveaux usages, mais surtout un nouveau mode de consommation, bien loin des schémas proposés par les entreprises du système actuel.

Tout un pan de la consommation collaborative affirme des finalités sociales ou environnementales.

 

L’économie sociale et solidaire : le sens avant tout

L’économie sociale et solidaire réunit un ensemble d’entreprises organisées sous forme de coopératives, mutuelles, associations, ou fondations, dont le fonctionnement interne et les activités sont fondées sur un principe de solidarité et d’utilité sociale.

Ces entreprises adoptent des modes de gestion démocratiques et participatifs. Elles encadrent strictement l’utilisation des bénéfices qu’elles réalisent : le profit individuel est proscrit et les résultats sont réinvestis.

L’ESS fait de la poursuite d’une utilité sociale ou collective un de ses piliers, rappelés récemment par la loi sur l’Economie sociale et solidaire ; agir en faveur d’un territoire, d’une population spécifique, d’un collectif, d’une cause ou d’enjeux sociétaux ciblés (réduction des déchets, inclusion sociale, etc.)…

 

Une passerelle entre l’économie collaborative et l’économie sociale ?

Economie collaborative et ESS se sont toutes deux construites autour d’un recours au collectif.

Mais les acteurs de l’ESS ne se reconnaissent, souvent, pas pour autant dans la consommation collaborative, troublés par l’agressivité de certains acteurs comme Airbnb et UBER sur leurs marchés (hôtellerie ou taxis). Et certains des acteurs de la consommation collaborative perçoivent encore l’ESS comme étant peu numérique et agile, enfermée dans des statuts rigides.

À nous de multiplier les passerelles encore trop rares entre tous ces groupes qui aspirent à changer le monde : startupers, élus politiques et intrapreneurs, barbares, burners, hackers et makers dit Pierre Chevelle.
Certains services et projets ont la même finalité.

L’économie sociale et solidaire, également qualifiée de “tiers secteur”, s’inscrit dans une démarche alternative de “réparation du capitalisme”, en affirmant des finalités sociales. Du côté des plateformes et services de la consommation collaborative, si certaines ce sont développées en mettant en avant le développement du lien social, de la rencontre …la plupart n’affirment pas pour autant une finalité sociale.

Mais si la location de biens entre particuliers s’est développée avec la consommation collaborative, elle pourrait très légitimement se développer dans le cadre de l’ESS. De même, troc, prêt, don, achats groupés, achat de produits en circuits courts, existent de longue date dans l’ESS et font partie de certaines des modalités d’échanges de la consommation collaborative disent Pierre Mallet et Véronique Routin.

Enfin, les coopératives, groupements d’achats hybrident les chemins, en associant action collective et nouveaux intermédiaires et en proposant de s’organiser et d’agir collectivement.

 

L’innovation numérique comme passerelle entre les entrepreneurs ?

L’économie collaborative puise dans l’économie sociale et solidaire du côté des valeurs, de l’attention aux circuits courts, de la participation active des membres, disent Pierre Mallet et Véronique Routin du groupe de travail Sharevolution de la Fing.

Mais plus jeune que l’ESS, la consommation collaborative s’appuie sur un ensemble d’outils numériques, autour du modèle du logiciel libre, des communautés en ligne, mais aussi autour de formes d’innovations ascendantes très numériques comme l’économie de la contribution, le web 2.0, le crowdsourcing, etc.

 

Et si on arrêtait de changer le monde chacun dans son coin ?

L’avenir du monde ne peut plus attendre. Pour appréhender la société autrement, nous devons changer de « logiciel de pensée ». Peut être pouvons nous décider ensemble de ce que nous mangeons, de comment on s’habille, de comment on voyage à travers ces plateformes de mises en relation peer to peer.

En le faisant passer du « moi » au « nous », la corévolution donne un autre espace de déploiement concret au développement durable dis Anne-Sophie Novel dans son livre.

Il faut remettre le sens au coeur de l’économie, par la création de valeur, le partage, la collaboration et les communautés.

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